Bon, on est tous conscient que les randonnées dans le sable, dans les massifs montagneux, ça va bien quelques minutes mais à force ça en devient pas vraiment glop. Comme distractions, ça perd tout son charme par l’usage intensif.
Or il existe d’autres moyens de faire vagabonder son esprit et de s’échapper un moment de ce monde de merde que l’on est contraint à parcourir, les trucs salutaires pour pas perdre le goût à la vie. Bien sûr, je ne me fais pas d’illusions, j’ai saisi que le monde industriel était bien révolu, donc que la pharmacopée de pointe et tout ses bienfaits avaient disparus dans les méandres del’histoire, ou alors sous des couches et des couches de sable. Va falloir faire une croix sur ces si sympathiques produits, les anti-dépresseurs, les anxiolytiques, et qui plus est sur le ‘must’ du genre, accessible grâce aux si charitables ordonnances, c’est à dire les interactions médicamenteuses…
nostalgie.On va devoir se résoudre à s’orienter plutot vers les drogues des pauvres, vu l’état démuni dans lequel on va continuer notre périple, pour tout ce qui touchera au retournage de tête, à la méditation, à la distraction.
Attention, faut relativiser, on est quand même chanceux dans notre malheur, car les miséreux ont bien eu le temps de parfaire la culture et le savoir des drogues sales et ‘cheap’, donc avec ce qu’on trouvera sur notre route, y’aura de quoi composer si on suit ces enseignements tiers-mondistes.
Les plastiques fondus, les solvants…La première chose, que l’on pourrait qualifier comme la plus naturelle vu son abondance, ce sont les matières synthétiques pas vraiment biodégradables, ce qui fait qu’on les trouve partout dans ce monde, avec cette profusion de détritus, cette dissémination des déchets, les sacs plastiques migrant chaque fois qu’un léger vent se lève. Résultat, pas la peine de se baisser, pour avoir une collection impressionnante de différents plastiques.

A partir de là, y’a deux grandes écoles de pensée, je ne vais sciemment pas retenir ceux qui se contentent de cramer directement le matériau plastique, en le foutant dans un feu par exemple, car ça dégage en majeure partie des fumées pas glop, ça altère de beaucoup l’effet recherché. Les feux de pneus et d’autres merdes synthétiques, c’est extrèmement moyen, on en retirera aucun bénéfice, et au contraire on court le risque de se coltiner une mauvaise toux.
Je vais exposer en premier la méthode qui me tient à cœur, et qui réclame par contre de dénicher dans le fatras des éléments d’un peu plus de valeur que le plastique courant. L’objectif, c’est de disposer de tubes de colle, petite préférence pour la colle à dissolution, le machin utilisé pour les rustines, et de se munir d’un vulgaire sac plastique, pas troué au demeurant, c’est le seul moment délicat de l’affaire.
Il suffit alors d’ouvrir son tube de colle et de déposer une « noisette » au fond du sac, en prenant soin après de maintenir fermée l’ouverture en la transformant en une espèce de col roulé. Puis c’est partie pour la défonce à proprement parlé, en ventilant dans le sac, tu as tout loisir de choisir le moment où tu prends ta bouffée du solvant. Je vous livre ça, mais c’est le fruit d’un peu d’expérience, au départ j’y allais à tâton et c’était pas particulièrement réjouissant. L’utilité du sac elle n’est pas à relativiser, ça permet de ne pas se bruler en manipulant directement la colle, qui n’est pas franchement amicale avec la peau, ça concentre ce qui est bon, et ça donne une certaine maniabilité à la prise. Car en application sous le nez, c’est très mauvais, vu que chaque inspiration te bouffe l’air, tu sombres assez vite…
Bon, pour la forme, je vous communique les préceptes de la deuxième école, qui s’accomode de plastique bien plus basique. En profitant du feu de camp, et avec une pierre plate de dimension correcte, du schiste ou les ardoises qu’on a récupérées l’autre coup, en laissant un petit moment le caillou au cœur du foyer, on peut le sortir avec quelques précautions et le poser sur le sable. Il faut alors s’empresser de déverser dessus le panel des détritus synthétiques, et oui avec la diversité on y gagne pas mal, et de se placer au dessus de cet ouvrage pour inhaler les effluves. Dans le lot, le nylon des vêtements, ça file un bon coup de fouet en restant un peu rude. Attention, dans les plastiques utilisables, il vaut mieux s’abstenir de recourir à ceux contenant du chlore, car ça flingue les naseaux pour un résultat pas fameux, donc ce serait bien d’oublier volontairement de ramasser les morceaux de gouttière, de canalisation, enfin les machins gris clair en PVC. C’est la moindre des choses que je vous mette en garde à ce propos, pas que j’éprouve grande joie à être serviable, mais c’est par souci de cohésion dans le groupe, tant qu’on peut éviter de répéter les erreurs.
Mouais, au final, la prise, elle permet de se vider la tête à bon compte, je vais pas vous détailler la chose car c’est à l’appréciation de chacun, et au moins dans cet état tu prends un peu de recul sur le monde réel et les miséreux qui t’entourent
[ -3 en humainté, -1 en soicabilité], ça aide à passer le temps. Résultat, tu vas moins rechigner à la tâche, et mine de rien ça augure un meilleur rendement de pas aller comme d’habitude bosser à reculons.
[bonus à la production *1.2]Cependant, les solvants et toute cette merde pétrochimique inhalée, ça va rester un bon moment dans ton corps, à naviguer au milieu du système sanguin, et donc il y a un risque de saturation, la « bienséance » imposerait de limiter les prises en temps. Effectivement c’est pas particulièrement con d’éviter de trop touché à ça, ou alors de s’y remettre après… un certain temps.
[ça dépend fortement des persos, de leur compteur-drogue, mais des prises espacées de 4 tours c’est le minimum, même 5.]Attention à l'abus des "bonnes choses" :Tant qu’à parler de ça, autant mettre sur la table le mauvais côté de la chose. Pour les individus pas précautionneux et pour les petites natures, y’a une saleté qui se profile à l’horizon, c’est un truc pas super, et qu’on appelera communément ‘bad-trip’. Tout le monde sait qu’il faut apprendre de ses erreurs, mais à ce stade c’est vraiment rude, je vous laisse la surprise de « goûter » à cette sensation, quoi que je dise ça empêchera jamais personne de se lancer dans le bain. Grosso-modo t’es une sale loque pour un petit moment, t’as l’impression que tes doigts ont fondu avec le pastique, tu deviens un incapable du coup, le seul élément en ta faveur c’et que tu sais encore poser un pied de vant l’autre.
[doublement de la dépendance/changement de tête, malus à la prod. *0 sur le tour, mais mouvements dispo.]La rémission, elle prendra du temps, va falloir compter plusieurs lunaisons avant que l’état vaporeux te quitte, c’est pas un problème en soi car t’arriveras à te démerder, t’auras juste une gêne avec des tournis à la tête, mais c’est clairement pas le meilleur moment pour te relancer dans une phase d’introspection.
[les 5 tours suivant avec dépendance présente/tête verte, donc une prise peut être facheuse dans l’intervalle ; pas de malus de prod.]_________________
Yves Lavie ou le respect des macchabéesLe dernier des Malakoffiots---Fossoyeur chargé de l'approvisionnement en médecines et drogues diverses... consommateur
préventif.