Les Fossoyeurs

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 Le départ aprés l'arrivée

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AuteurMessage
turin
Enfoui(e) par nos soins


Nombre de messages: 196
Date d'inscription: 06/02/2007

MessageSujet: Le départ aprés l'arrivée   Lun 24 Sep - 11:16

Ca y est, ça fait déjà qqs jours que Turin et ses amis avaient repris la route.

Pour certain ce fut le retour de la liberté, pour d'autre le sentiment était plus mitigé.

Turin, était heureux de reposer ses jambes durant qqs lunes. Bien sur il apprécie son rôle de fossoyeur et autant de découvrir le monde. Et pourtant, l'idée de se sédentariser commence a le hanter.
peut être, une fois la mer trouvée, se poserait-il un long moment.
Tout en marchant, Turin songe à sa nouvelle résidence en bord de mer, allongé sirotant un quelconque breuvage.
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Raul Endymion
Enfoui(e) par nos soins


Nombre de messages: 345
Date d'inscription: 05/02/2007

MessageSujet: Re: Le départ aprés l'arrivée   Lun 24 Sep - 11:29

Pour Raul, c'était bien différent, aussitôt l'attrait de la découverte et de la nouveauté passés, on ne l'avait guère vu descendre de la vigie. Cela lui avait permis d'apercevoir le troupeau de chameaux progresser dans le désert, puis il les avait perdus du vue.

C'était le pas léger, malgré sa lourde charge qu'il recommençait le périple. Ce passage dans le marais n'étant qu'une parenthèse comparé à sa soif de découverte, puis il en était sûr, le paysage serait superbe à la sortie. C'était un genre de frontière naturelle qu'ils étaient en train de franchir.
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turin
Enfoui(e) par nos soins


Nombre de messages: 196
Date d'inscription: 06/02/2007

MessageSujet: Re: Le départ aprés l'arrivée   Lun 24 Sep - 15:42

Et là Turin sortit de ses rêve, qqchose à l'horizon le perturbait

Mais qu'est ce qu'il y à là bas ! !
une carcasse
une voiture


Lune de miel n'était plus qu'un souvenir
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Yves Lavie
Fossoyeur


Nombre de messages: 569
Localisation: En vadrouille les pieds dans le sable
Date d'inscription: 06/02/2007

MessageSujet: Re: Le départ aprés l'arrivée   Lun 24 Sep - 21:28

Le séjour au milieu du camp de bûcherons vide de ses travailleurs originels, n'était pas parvenu à imprimer une certaine mélancolie dans l'esprit de Yves, pour la bonne raison qu'il subissait un "noir" de plusieurs lunaisons coïncidant avec son installation dans les lieux. Ajouter à cela le sevrage qui ne le rendait pas d'humeur affable, en défintive on retombait sur un Lavie démotivé et "fringuant" comme aux premiers jours, le genre d'individu qu'avait eu plaisir à rencontrer Raul et Ainur en plein coeur du désert, assoupi au coin d'un feu de pneus et au réveil maussade, à réchigner la distraction procurée par les balades entre les grandes soeurs de la Dune du Pyla.

Qui plus est, un très infime sentiment de culpabilité habitait Yves, face au piémontais l'ayant surpris en sortie de transe, en mauvaise posture de profanateur. Et comme celui-ci n'avait pas accéder à sa requête du moment, de le dépanner en cinq-cinq, une légère irritabilité faisait doucement place, chose peu aisée vu le manque d'affect du cas Lavie, envers Turin et l'air jovial qu'il affichait volontiers en toute circonstance.
Mais bon, le "sentimental" avait eu un petit exhutoire, en la personne de la rédac' chef Priscilla, et soutenir la conversation avait conduit à faire passer l'exubérance de la "folle du désert" sur les seuils directement inférieurs. Cela était un prémice d'apaisement pour Yves, surtout qu'en retrouvant un peu de conscience, il avait déniché le coin du camp où étaient entreposés des produits forrestiers, utile pour remplir sa musette sous l'oeil vigilant de Raul.

Finalement, la randonnée avait repris, vers des cieux inconnus mais tout du moins le long d'un cours d'eau, dont le débit bizarre rendait assez malhabile le repérage du sens du courant Rolling Eyes ... chose assez primordiale quand il s'agit de suivre la flotte pour voir l'endroit où elle se jette, et "si c'est la mer on va pas cracher dessus." Yves pataugeait dans la gadoue, ce guet qui leur ouvrait la poursuite du chemin, en songeant à ce morceau d'acier récupéré, à l'utilisation qu'il en ferait si d'aventure il retrouvait le rafiot avec lequel il s'était échoué, bien avant le périple dans le désert de dunes giganstesques. Comme réparation de fortune, c'était bien "djeust", le renflouage du navire nécessitant au bas mot plusieurs dizaines de tonnes de plaques métalliques, mais peu de chance que ça interpelle le désenchanté Lavie.
Il était fréquemment interrompu dans ses réflexions, par son confrère de "binôme", qui lui faisait des remarques gratifiantes sur les armes confectionnées par les mains du neurasthénique. Yves l'envoyait bouler dans le mesure du possible, ça ne risquait pas de créer une bonne ambiance dans le groupuscule mené par le piémontais mélomane et sifflant continuellement sa petite ritournelle "Live and let die", car la troisième larrone censée faire tampon et minimiser les mots, avait ses problèmes à elle, féminins.

"_En tout cas, chouette tes lances, Yves, font une bonne longueur.
_Quééh! Quelles lances? J'ai jamais eu de lance, de quoi tu causes?
_Beh ça, ce que t'as fabriqué les autres jours, c'est vachement bien comme truc défensif.
_Arrête un peu, j'ai jamais rien fabriqué, j'ai pas mémoire de ton histoire, et pour dire que j'en ai une bonne, c'est que j'étais nourri au colin rectangulaire, petiot dans le T2.
_Alors c'est quoi, ce que tu tiens?
_Mouais.. Je.. un bâton quoi! C'est sympa pour marcher, ça repose du poids. L'est un peu grand, deux mètres c'est moyen pour l'ergonomie, mais ça remplit son office.
_Et la pointe, ça te dit décidément rien!
_La pointe? Ouais, ça, c'est pour être plus stable, quand ça s'enfonce. Et puis ça nous servira, pour creuser au lieu de faire ça avec les mimines. ..D'ailleurs, la tienne tu la tiens à l'envers.
_A l'envers... pas persuadé. Alors si c'est pas toi qui a fabriqué ceci, qui d'autre?
_Mais j'en sais rien, à vrai dire je m'en contrebalance, j'ai juste été surpris de voir ça sur le seuil de ma cabane. Ca m'a bien soulagé au demeurant, cause que je tenais pas masse debout en sortant de ma tannière. Je regrette juste les espèces de motifs gravés dessus, ils me laissent une mauvaise impression, ça me dérange un peu quand j'essaye de fixer ce que ça représente.
_..T'imite mal l'amnésique, je changerai pas d'avis, je les trouve bien tes lances."
Et ces dialogues de sourds s'interrompaient uniquement pour reprendre après plusieurs heures, sans jamais rien donner de bon.

Jusqu'à ce qu'au tout dernier bivouac de la semaine, la crépuscule approchant, le trinôme aperçoive une infime fumée à l'horizon, charriant dans l'air une sale odeur de carburant et d'huiles brulées.
C'est à ce moment que Turin apostropha la compagie d'un tonitruant :

"Mais qu'est ce qu'il y à là bas ! !
une carcasse
une voiture

_Baisse d'un ton, tu seras bien aimable, y'en a qui z'ont des tympans, et qui comptent les posséder encore à un âge avancé... Et puis, un véhicule qui enfume l'atmosphère en crachant ses dernières volutes... la belle affaire. "

_________________
Yves Lavie ou le respect des macchabées
Le dernier des Malakoffiots---Fossoyeur chargé de l'approvisionnement en médecines et drogues diverses... consommateur préventif.
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Yves Lavie
Fossoyeur


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Localisation: En vadrouille les pieds dans le sable
Date d'inscription: 06/02/2007

MessageSujet: Re: Le départ aprés l'arrivée   Sam 29 Sep - 12:29

Le trinôme et le renfort des chasseurs, purent alors poursuivre leur randonnée sous le couvert végétal, ayant un point de repère visible par intermittence, selon la densité du feuillage, et la noirceur de la fumée s'échappant à une certaine distance. Le chemin se faisait avec une ambiance au beau fixe dans la compagnie, les légers points de heurts s'étant estompés entre le piémontais et le malakoffiot, ce dernier se trouvant dorénavant d'humeur égale chose déjà appréciable en soi, car les discussions avaient dévié sur des questionnements vis-à-vis de ce véhicule suspecté.

Arrivée dans une clairière, un coin de forêt dégagé laissant libre cours aux volutes de prendre de l'altitude, la clique des Fossoyeurs put alors observer la source de la fumée... A l'expression, "pas de fumée sans feu", ils pouvait dorénavant répondre par l'affirmative, étant donné qu'un petit foyer étant présent. Il s'agissait d'un moteur de taille très réduite, qui prenait son temps à se consumer, cela s'apparentait à un moteur de rotofil, traficotté et dont le bras avait était largement raccourci, se voyant alors muni d'une hélice de fortune, fondue à partir de plomb ou d'étain, en tout cas sommairement car des bavures démontraient un artisanat d'urgence.
Cet ensemble, était fixé à une espèce de tronc d'arbre couché, et le feu réduit d'huile et de carburant, commençait à entamer le bois. Les compères se rapprochèrent afin de désolidariser le moteur du reste, ce dernier terminant sa transformation en un résidu-scorie-d'aluminium-et-plastique à l'écart. Ils avaient remarqué que la longueur de bois avait été travaillée, la courbure était signe de rabottage et de ponçage, et en retournant ceci, ils comprirent qu'il était question d'une pirogue. Une embarcation confectionnée manuellement et permettant de parcourir des étendues d'eau marécageuses ou fluviales avec son tirant d'eau infime.
Tout le monde était dans l'expectative d'être tombé sur ce bateau dans la forêt, en d'autres temps ça aurait de suite devié sur des sous-entendus bibliques, de Noé, son goût du nautisme et la météo maussade. Mais là, Yves se chargea des prsentations avec la barque.


"Mazette, quoi que ça fait si loin du fleuve, cette coquille de noix? Neutral
Bon, on peut dire qu'on est arrivé à un moment judicieux, le semblant de moteur, de propulsion, l'a fondu les plombs, mais au moins ça n'a pas trop affecté la flottabilité du machin, le feu n'ayant qu'à peine léché la "poupe".
En tout cas, ça me questionne c'te affaire, de voir ce "navire" loin des berges, il a dû se passer un truc pas net dans la région. Une crue, c'est probable, le cours d'eau, on l'a trouvé calme, mais peut-être qu'avant il en a causé du souci, au camp de bûcherons en amont. Ca expliquerait des choses, cette embarcation de fortune, bricolée, devait leur servir à la pêche, comme d'autres, et elle a dû être charriée par le courant jusqu'à ce coin forrestier. Et dans le même ordre d'idée, on avait trouvé le camp vide, à part l'homme-grenouille qui devait savoir bien nager, c'est fort possible que les dépouilles des locataires, elles se soient faites disperser par le déferlement de la flotte... A ce stade, ça signifierait qu'il va falloir s'attendre à en débusquer, des maccahbés suspendus dans les branches basses des arbres de la zone.
Ca risque d'être d'un jouasse, une balade forrestière au milieu d'un "maraîcher", que les fruits ils ont une apparence humaine. ...Mouais, faudra guetter la chose."

Tout en disant cela, le fort-peu-concerné Lavie tournait autour de la pirogue, en donnant par-ci par-là des petits coups de pieds, afin d'évaluer la solidité de l'embarcation. En particulier, sur le côté où le moteur était accroché, et dont la surface était légèrement noircie, mais cela s'avérait en parfait état.
Puis Yves enjamba le rebord, montant ainsi dans la barque, et en restant debout il occillait doucement, désirant connaître la stabilité de l'engin... Mais il se trouve qu'un bateau, hors d'eau et sur son étrave, est un peu l'ennemi du roulis.
Arriva ce qu'il devait arriver, la pirogue chancella, sur la tranche, et en roulant de côté se retourna sur son "occupant d'un soir". Les fossoyeurs purent alors entendre, à travers la paroie, une faible exclamation de surprise et de frayeur, le tout atténué par l'épaisseur de bois et par le manque de volonté qu'Yves mettait dans son appel.
"MACAREL, ME VOILA BIEN EMMITOUFLE, L'AFFAIRE SEMBLE MAL ENGAGEE. Y'AURAIT QUELQU'UN POUR SECOURIR UN INFORTUNE?"
Le "couvercle" faisant dans les quarante kilos, ils ne furent trop de Turin et Dolorès pour dégager le nouveau mafré, chose qui ne récolta aucun remerciement ni gratitude, il était peu aisé de lire dans le visage de Yves la confusion, celui-ci enchaîna, les paupières mi-clauses.

"Je.. euh, c'est bon à savoir... Mouais, dans le trip de fossoyeur, j'en profite pour mettre les choses au clair, avec anticipation. Si dans l'avenir il s'avère que chuis claqué, et que vous z'êtes disposés à me foutre en terre entre quat'planches, vérifiez plutôt deux fois qu'une que chuis bien raide, j'viens de faire l'expérience d'un confinent forcé, et je suis catégorique, c'est 'achement pas glop!"

Cette mésaventure n'émeut personne, car les esprits étaient déjà portés vers d'autres cieux, il se devinait de nouvau une présence matériel valable dans la zone orientale.

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