Les Fossoyeurs

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 Premiers jours dans Yellow Roar.

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AuteurMessage
Yves Lavie
Fossoyeur


Nombre de messages: 569
Localisation: En vadrouille les pieds dans le sable
Date d'inscription: 06/02/2007

MessageSujet: Premiers jours dans Yellow Roar.   Sam 9 Fév - 15:33

Yves, un morceau de feuille entre les dents, a écrit:

La veille, la forêt environnant le camp de Yellow Roar avait résonné de multiples bruits, signes annonciateur de l'arrivée imminente du Collectif Fossoyeur, une troupe d'égarés parcourant les étendues de sable, de roc et de broussaille depuis un couple d'années.
Ce 'beau monde' savait se faire attendre, car l'information des sentiers à suivre pour rejoindre le camp de réfugiés, leur avait été communiquée plusieurs lunaisons auparavant par les instances dirigeantes, outre la prise de bec avec la dénommée Neige, les précisions d'usage étaient arrivées par les bouches du Toubib et de 72. Mais bon, il ne suffit pas de connaître le parcours, encore faut-il savoir manoeuvrer dans les sous-bois inextricables qui bordent cette touche de civilisation qu'est le village roarien. Et de l'accumulation de connaissances dont disposait la Clique des Fossoyeurs, on peut dire que ce point faisait défaut, d'où le délai rencontré lors de la progression sous le couvert végétal. Même la piétaille à l'exemple du glabre 72 avait réussi à rejoindre la clairière yellownite avant Raul et ses sbires.

...Le temps passant, le fond sonore gagnait en netteté, et on pouvait percevoir la nature exacte de ces bruits forrestiers depuis Yellow Roar, ça augurait une arrivée des Fossoyeurs dans un état d'esprit assez entamé.

_Elle est toute pourrite c'te forêt, y'a des gus ils z'ont pas fait leur boulot. C'est quoi ça, un coin à arbres-tout-serrés-même-un-peu-trop. Le Soixante Douze, 'prétendait connaitre les ficelles du bucheronnage, des nèfles, oui! L'a oublié qu'y faut replanté bien après. L'espacement des lignes, z'ont complètement zappé ce cours visiblement.
_'tention, par là ça se resserre, faisez gaffe aux essieux... Pis la missizeuh, t'engage pas de suite avec le gros bazar, on voit déjà si Raul s'en sors, qu'il continue d'ouvrir la voie.
_Je te dis que ça passe pas.
_Mouais, plus j'y pense, plus j'crois que c'est un parc anglais, tout est planté de travioles et sans aucun sens.. 'parait c'est ça leur marque de fabrique.
_Moi j'en démords pas, ça va passer.
_T'es confiant aujourd'hui ma parole, t'as pris quoi?
_Les dimensions, j'les ai en tête, ça roule.
-crriiiiiiiiiggh
_Quoi j'ai dis!
_Effectivement, aux dernières nouvelles, j'viens d'apprendre que ça ne veut pas passer... qui se sent?
_Attends, la marche arrière, elle va être rude, vaut mieux être un p'tit nombre pour décoincer la chose.
_Yves, descend, on va te mettre à contribution, pas question tu te défiles!
_Je peux pas, je controle p'us rien, si si, c'est vrai... Pis moi aussi je déguste, avec les branches basses traitresses, chuis perché plus haut que vous, du coup j'en mange de l'écorce.
_Te fais pas prier et viens pousser. Plus près du sol tu craindras rien, plus de fouettage du visage.. bonne nouvelle, non?
_Pff, les efforts, z'êtes sûr? Ce que Ludo, faut je le chaperonne, il a l'air inquiet, autant que je reste dans sa vallée dorsale, ça l'rassure il veitn tout juste de me dire... pour preuve.
_Plllffffffeeulll.
...

Et les échanges verbaux de cet accabit se poursuivaient, beaucoup de diplomatie et de mauvaise foi dans l'air, en tout les cas ça témoignait d'un collectif établi sous des hospices où la bonne humeur avait certaines absences.

Et ce qui devait arrivait arriva, le convoi parvint à la clairière, où s'étendait le semblant de village portant la dénomination de Yellow Roar. A noter qu'en action l'ensemble d'une seizaine de pattes avait le bon goût de soulever une quantité honnête de poussière, on peut voir en cela un cadeau des invités à destination des hôtes, présent irritant les yeux et salopant les habitats de fortune à mesure que le vent sec disséminait la chose dans les lieux.
Puis les individus jugèrent de bon ton d'amener leur dizaine de jambes au contact du sol herbeux. La troupe offrait le spectacle d'une espèce de caravane de forains, charriée par moyens de transport somme toute rudimentaires, cependant la similitude s'arrêtait assez vite du fait des tronches que tiraient les cinq compagnons. Ils ne venaient certainement pas pour divertir la population en ces jours moroses pour l'humanité, ni même apporter du réconfort aux petites têtes blondes... D'ailleurs la prime jeunesse l'avait compris et désertait la région depuis un nombre conséquent d'années.

Le collectif présentait des personnes ayant subis l'errance mais affichant une condition physique correcte. A ce niveau c'était bon, mais concernant les règles de savoir-vivre en ces micro-société qui voyaient le jour à la surface du Fract', c'en était tout autre. La politesse semblait bien absente du répertoire du plus gros de la bande, celui au front dégarni, qui avait sa priorité et qui commencait à démonter les bâches des carrioles.


Mouais, c'est nous qu'on est là, ça c'est fait! Mon blaze c'est Yves, je crois ça suffira à tout le monde.

Bon, c'est pas tout ça, on s'en vient squatter un coin de votre camp de réfugié, normalement on n'avait pas à faire de réservations et pis selon l'autre Soixante Douze. le H.C.R. il parait il aurait pas son mot à dire.
Euh.. alors les emplacements de camping ça devrait coller, on s'en vient monter les tentes de fortune, on sait faire y'a les bâches ça ira convenablement.

C'est alors que celui ayant la charge du lieu-dit Yellow Roar, Toubib, vint énoncer la façon dont il voyait les choses tournaient, avec une distribution des affectations. Il ne perdait pas de temps car ayant probablement à l'esprit que faire garder la tête hors de l'eau à une tripotée de survivants, ça passait immanquablement par le besoin d'occuper les gens et de monopoliser leur esprit sur les taches communes.
Par contre, il eut un mot mal placé en proposant à la Compagnie des Fossoyeurs, comme hébergement, le deuxième étage des prétendus barraquements qu'il pointait du doigt. Le Malakoffiot se chargea alors d'éclaircir la situation du logement.


Je... je crois que j'me plante pas en affirmant que ça botte pas masse les confrères d'aller pieuter dans l'autre turne.
Déjà, faut dire que s'installer en hauteur, parce que deuxième étage ça signifie percher haut, on n'est p'us vraiment coutumier, pour nous z'autres ça fait bien des années qu'on a dormi uniquement à même le sol, que ce soit dans le sable, au milieu des buissons, et tout et tout. C'est un des aspects de c'te foutue randonnée à rallonge, on s'y fait très bien, d'ailleurs. Neutral
Pis y'a un point, moi je peux le dire parce que je me cogne bien de vous gêner en dévoilant la chose, c'est que vos barraquements ils me font plutot l'impression de futurs remblais.. S'en vont tomber très prochainement, chuis loin d'être compétent en architecture mais quand ça penche comme ça j'en sors quand même des conclusions alarmistes... 'Toute façon c'est votre problème, m'attendait pas sous votre "toit", j'reste sur mon idée et je vais monter la tente par là-bas.


72, Soixante-Douze pour les intimes, a écrit:

72 éclata de rire devant les bougonneries du nouveau venu.
S'adressant au reste du groupe qui n'avait pas encore fait montre d'une quelconque réaction, il écartant les bras en signe, lui avait-on expliqué, de bienvenue.


" Bien, je vous en prie, posez donc vos affaires où bon vous semble. Toubib a le don d'être un peu strict d'habitude, mais une probable carrière chez les toubibs militaires est peut être à mettre sur son plateau de la balance de la justice.
Bienvenue à vous tous. Nous sommes heureux de voir de nouvelles têtes parmi nous. Il est vrai que nous avons plutôt une vie paisible par ici. Et s’il est vrai que comme Toubib vous en a peut être démontrer la chose, nous tâchons par tous les moyens dont la sueur de notre front de préserver cet état de fait, il faut bien avouer que paisible rime parfois avec ennuie. Nous nous dégourdissons bien les jambes de temps à autres en arpentant les sous-bois, mais ils sont peuplés de nombre de bêtes sauvages fort peu présentables. Donc nous nous limitons la plupart du temps à un périmètre assez resserré autours de nos bâtiments.
C’est donc pour cette raison, ajouté à la fréquentation fort limitée de la région de part nos pairs que nous devons la majeur partie de notre séjour ici, nous satisfaire de notre propre compagnie. "

Le grand chauve voulu aller aider Lavie à placer sa tente, mais il ne sut en arrivant, trop que faire pour l’aider. S’adressant aux autres qui déballaient tranquillement leurs bardas, il poursuivit.

" Je crois que les traditions voudraient que nous allions user les planches du bar sitôt votre arrivée, mais la nuit ne va pas tarder à tomber et j’ai bien peur qu’il ne vous soit difficile d’installer et ranger tout cela dans le noir. "


Raul Endymion, la curiosité comme fil directeur, a écrit:

Raul, encore affairé à son chariot, écoutait de loin les conversations d'arrivée dans le village. Puis il sortit de son sulky décoré tant bien que mal en un espèce de corbillard, à moitié à poil à son habitude parce que disait'il rien ne lui allait...

Rhalala, j'ai crû comprendre qu'Yves avait fait les présentations... ça va être dur à rattrapper Very Happy M'enfin on est là puis vous êtes plus ou moins les seules personnes vivant dans un truc un tant soit peu organisé qu'on rencontre. Ca fait un peu bizarre d'ailleurs.
Bon on visite un peu, ça ne vous dérange pas?

puis Raul s'éloigna avec Turin pour visiter les facilités de chercheur d'eau. On pouvait entendre de loin...
Ah, tu as vu, la citerne, il y en avait une à lune de miel hein? non? enfin, celle-ci ne fait pas douche en même temps, c'est dommage... Rhô puis tu as vu, dis donc la pompe hydraulique, elle a pas l'air de faire du bruit... bizarre non?


Toubib, notable du bled, a écrit:

Toubib ne fut pas réelement étonné qu'Yves et ses confrères préférèrent dormir dans leur tentes, après le temps passé dans celles ci, s'en défaire n'est pas chose aisée. Il acquieca donc et retourna à l'infirmerie après avoir donné rendez vous aux Fossoyeurs le soir même pour le premier repas inter passagers-fossoyeurs.

_________________
Yves Lavie ou le respect des macchabées
Le dernier des Malakoffiots---Fossoyeur chargé de l'approvisionnement en médecines et drogues diverses... consommateur préventif.
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