Les Fossoyeurs

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 Recontre d’Ourasi…a et de son sulky

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Yves Lavie
Fossoyeur


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Localisation: En vadrouille les pieds dans le sable
Date d'inscription: 06/02/2007

MessageSujet: Recontre d’Ourasi…a et de son sulky   Lun 8 Oct - 17:03

Les journées étaient dorénavant en train de se raccourcir, on avait bien passé le solstice d’été, et le raffraichissement permettait de prolonger plus facilement les marches sans subir de trop les températures. Et pour les personnes tenant la grande forme, cela était le moyen de couvrir plus de distance sans s’affaiblir par la déshydratation, le couvert végétal ayant jusqu’alors porté chance à la compagnie. Ainsi, laissant l’assistance en pleine contemplation de cette incongruité de pirogue posée dans les terres, Raul et son collègue Ainur partirent sur les sentiers, à la découverte de l’orient et de ses trésors cachés… qui se devinaient justement dans le voisinage.

Au bout de leurs efforts, l’aventure fut ponctuée bénéfiquement, par la présence d’un signe de vie accompagné de ses effets personnels. La surprise passée, ce fut communiqué à l’intention de l’arrière-garde composée de Turin, Dolorès et Yves, un fort seyant trinôme qui décida de se mettre alors en route, abandonnant l’observation de leur sarcophage flottant à la faune xylophage de ces sous-bois.
Cependant, il leur fallut pas mal de temps pour avaler la distance, et rejoindre les éclaireurs de la clique. Mais alors, bien qu’ayant idée de ce qui avait été déniché sur place, ils furent un peu médusés devant le spectacle d’un cheval famélique récemment relié à un des arbres par une lianne et les soins du « dompteur » Raul. A proximité, un chariot dont l’apparence évoquait les plus minables westerns spaghettis, et qui se voyait en bien mauvais état du fait de la casse de son essieu arrière.. une des roues ayant alors goûté aux joies de la liberté en faisant une douce escapade en forêt, à quelques dizaines de mètres de là.

Selon toute vraissemblance, il devait s’agir d’une espèce de diligence que le conducteur, par volonté de camouflage ou alors inconscience, avait mené dans la zone forrestière sur un parcours des plus audacieux et cahoteux, en espérant slalomer entre les arbres sans percuter d’obstacles, chose absolument impossible vu l’encombrement en largeur de son moyen de locomotion. Et forcément, un choc violent avait mis un terme à sa folle cavalcade, transformant le chariot en poids mort.. Il était étrange de ne voir aucuns signes de campement, si la personne en avait réchappé, elle avait dû poursuivre sa route… chose réalisable, car l’ensemble avait probablement été tracté par deux équidés, or un seul demeurait, sans carcasse du deuxième visible dans les parages.
En tous les cas, le cheval montrait de la patience, depuis l’époque de cette collision, il n’avait pas quitté l’endroit, surement par un réflexe domestique vis-à-vis de son « bagage », et il s’était contenté de l’herbage des sous-bois et des points d’eau de pluie de la zone. Ca avait entamé notablement sa corpulence, mais il semblait en mesure de reprendre des forces avec une alimentation plus en adéquation de ce volumineux mammifère des steppes.


« Bijou…bijou, houla ouh, t’inquiète donc pas… c’est moi Yves… tout doux, l’alezan... voilà ! » dit le dénommé Lavie au contact de la bête, qu’il avait rejoind après une phase d’observation. Il présentait un visage bien différent de celui arborré d’habitude avec ses congénères, c’était déstabilisant de s’apercevoir qu’il était capable d’un minimum de considération quand son interlocuteur n’était pas humain.
« Beh alors, vous me l’avez stressé, le canasson, à vous deux, avec votre tentative d’approche. Le lien pour le garder dans le coin, c’était dispensable, il s’accomode de la présence de nos miches sans problème, de toute façon il a pas l’air de vouloir s’éloigner de l’espèce de calèche. Mais en lui foutant une laisse, voilà qu’il panique quelque peu… Tout doux… c’est bon… TU TE calmes maintenant ! Y’a pas d’abbatoir ni de boucherie chevaline au bout, donc décompresse, bestiole !
…Euh, ouais, y’a des choses que j’ai pas révélées, ‘connais un peu les carnes pour ma part, ça remonte à loin, avant que j’embarque, j’étais tout gamin pour dire. Mais bo, y’a plus important.
J’vais au fourrage, j’compte bien qu’elle prenne du poids celle-ci .. d’ailleurs pour information c’est une jument, sinon ça serait livré avec un sacré braquemard…et pas qu’elle suive le même trip de Dolorès, à tenir à sa ligne…pfff. »

Bien que stupéfait par la manière du Malakoffiot de gérer les choses avec l’animal, la compagnie des Fossoyeurs reprit assez vite le cours de ses priorités. C’est que le chariot, même si grandement abîmé, conservait toujours une nature intéressante. L’arrière du véhicule avait subi un impact conséquent, mais il s’avérait que l’essieu avant était en état. Ca réclamait pas mal d’efforts et d’imagination, afin d’arriver à sortir de cette épave un engin roulant. Bien sûr, c’était alors limité à deux roues de part et d’autres, et une banquette rafistolée, l’équilibre ne s’établissant que lors de l’harnachement de la monture. Les quatre confrères s’y mirent, ils ne disposaient pas des facilités d’Yves dans les travaux manuels, mais en revanche ils avaient largement plus de volonté et d’implication à la tâche… et parvinrent à un résultat dépassant toute attente. Ils goutèrent à un repas mijoté sur un foyer alimenté par les restes de planches extraites de la diligence, récompense des efforts de construction, quand leur compagnon désenchanté revint de sa récolte. Il tirait la bache prélevée sur l’épave, et sur celle-ci un tas conséquent d’herbes dénichées dans des parties les moins boisées de la forêt.

« Mazette, z’en avait fait du boulot, ça ressemblerait presque à un sulky votre machin de chariot, si y’avait pas des compartiments de montés pour transporter nos réserves de bouche. J’ai de quoi ragaillardir la bête, ça pourra faire un sacré équipage c’te affaire !
… J’y pense, dans les milieux équins, on est obligé de leur refiler des blazes, à ces chevaux., cause qu’il faut toujours un pédigrée et que si ils sont performants et se distinguent, ça rapporte toujours. Pour ma part, au vu de la nature véloce de cette jument, et sa robe, que c’est un alezan, ça me rappelle le Grand Ourasi, dans les Hauts de Seine même gosse on connaissait ses exploits…. Du coup, je l’affublerais bien du nom d’Ourasia, en considérant que c’est toujours une femelle, et que même avec une grosse détermination ce sera jamais un étalon.
Après, si ça vous chiffonne, on pourra voir à passer par une option démocratique pour baptiser ce cheval, si z’avez des idées en stock… pour l’heure, je reste sur ma position.


Et c’est ainsi que le lendemain, la bride fut passée à la jument, celle-ci apaisée par les invectives d’Yves à ses oreilles, l’attelage constitué et présentant alors des allures de ‘trotteur’. Les deux Fossoyeurs qui avaient goûté à l’émulation apportée par l’exploration, étaient sur le départ, Raul en tant que ‘driver’, le rôle de ‘singe’ se trouvant tenu par son comparse.
« Chers téléspectateurs, la retransmission de ce Grand Prix du Fract débute, alors que Ourasia, la favorite et unique participante est dans les stands, elle est drivée par Monsieur Endymion, portant casaque couleur-de-chair, et bénéficie d’un handicap de poids, pour laisser sa chance à la concurrence, conféré présentement par Ainur son écuyer embarqué. La course d’aujourd’hui se déroule sur terrain gras se révélant sec sur la fin, elle est ponctuée d’obstacles chose somme toute nouvelle dans le milieu du trot, et… et on me fait signe que le sulky rencontre quelques problèmes au niveau du départ…
Tout pourrait être facile dans le meilleur des mondes, mais faut toujours compter sur les grains de sable qui font gripper la machine. En l’occurence, c’est plutot les arbres, car l’attelage mené par Raul n’est pas des plus étroits, les roues frotte par moment et finalement ils se retrouvent coincés entre deux troncs assez rapprochés dans ce coin dense en végétation. Les renforts, c’est à dire le trinôme à quelques pas de là, car peu de distance couverte jusqu’alors, arrivèrent pour extraire « aux forceps » le malheureux équipage. Celui-ci put enfin goûter à la liberté des grands espaces et être griser par la vitesse, car ils étaient assez proches de l’orée de la forêt, le milieu s’étendant devant eux devenant ouvert après quelques manoeuvres, seuls des petits épineux parsemaient le décors et n’offrait plus d’entrave à leur « grande chevauchée ».

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Yves Lavie ou le respect des macchabées
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Raul Endymion
Enfoui(e) par nos soins


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MessageSujet: Re: Recontre d’Ourasi…a et de son sulky   Mar 9 Oct - 22:13

Raul s'accomode fort bien de son rôle de "Driver", reste à voir si Ainur apprécie celui de "singe", m'enfin bientôt les trois comparses de live and let die ne virent plus qu'un nuage de poussière dans le désert.

C'en était tout autre chose pour le groupe des véhiculés qui, commençant à connaître la bête à quatre jambes se faisait plaisir dans ce désert vaste. Gardant toujours un œil à droite sur la rivière, ils se laissaient bercer par le doux roulis du chariot, Ainur en profitant, au vu de la vitesse, pour dégommer deux trois machins à l'air pas trop mauvais qu'il n'arrivait pas à attraper d'habitude du fait de son manque de vitesse (ou de la trop grande vitesse des bêtes en question).

Le problème fut posé lors du premier campement,

bon cette bête, elle doit bouffer non? t'en pense quoi Ainur?

A son habitude, il ne répondit pas grand chose mais lui tendit un morceau de bidoche bien fraiche qui n'eut l'air de plaire au cheval. Qu'à cela ne tienne, on ne vit plus Ainur pendant au moins deux heures. A son retour, les bras chargés de victuailles, il proposa deux trois trucs genre herbeux au cheval qui eût l'air d'apprécier.

Qui veut voyager loin ménage sa monture

Souffla Ainur dans un accès de lyrisme innatendu qui laissa bouche bèe Raul.
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Raul Endymion
Enfoui(e) par nos soins


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MessageSujet: Re: Recontre d’Ourasi…a et de son sulky   Jeu 18 Oct - 12:40

Après un long périple dans le désert, la rencontre de la rivière au nord-ouest les avait obligés à faire demi-tour. Un appel affolé du reste de la troupe commençant à crever la dalle contraint les deux confrères à forcer l'allure et c'est épuisés qu'ils arrivèrent au point de rendez-vous...

Voilà l'apparition à laquelle eurent droit les confrères soumis à une précédente diette.


EDIT : j'ai retouché les blaises BBCode pour que l'image passe bien.
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Yves Lavie
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MessageSujet: Re: Recontre d’Ourasi…a et de son sulky   Sam 20 Oct - 19:50

Raul, revenant aux nouvelles avec de la boustifaille, lâchant bien involontairement quelques mots à Yves dont un fort peu judicieux "Dostoëvsky", alerta l'homme bedonnant.

Citation:

Quand Raul descend du sulky pour le ravitaillement de ses compagnons de mafre, distribuant les prises d'Ainur qui ont préalablement été cuisinées.... ça se veut un travail de traiteur.. amateur... il se retrouve face à un spectacle terne. Un Turin un peu fourbu, et une Dolorès qui a bien perdu trois tailles de futal, au désaroi du diététicien Lavie qui la sermonne par moment pour qu'elle forcisse un peu et garde à l'esprit l'objectif d'un poids de forme à hauteur des 70kilos. Et puis Yves, en retrait, qui se débat mollement avec un étrange animal à deux bosses, essayant de lui faire passer des trucs dans les naseaux.
Quand il répond au "driver" Endymion, on peut constater que son esprit est infimement altéré par une consommation de champignon récente, pendant qu'il dialogue avec le chameau.


Pff, Ludo, arrête... je t'ai dis qu'il faut que je te mouche... c'est pour ton bien. Puis, c'est juste des gouttes pour le nez, c'est indolore, j'ai rajouté un remède rien qu'à moi, depuis que je m'adonne à l'herboristerie, chuis compétent. Ca va piquotter, c'est que ma préparation, elle nécessite que je te perfore la cloison nasale, c'est vrai! ... N'aie crainte, une fois la bride passée, tu goûteras à un sentiment de liberté amoindrie, tu m'en diras des nouvelles... OH...HOLA OH BIJOU.. TU TE CALMES... beh non, 'a marche pas avec les trucs à bosse ça, v'là qui s'agite de trop.

AH, tiens, Raul, quoi que tu m'amènes, du manger? Attends, j'arrive, deux secondes...


... Alexandre Nevsky, où ça? Shocked
Si mes parents t'entendaient, ils feraient une crise cardiaque, z'ont jamais supporté les Russes Blancs, z'avaient une dent contre les anti-révolutionnaires... D'ailleurs, tout compte fait, z'ont dû le faire leur infarctus, j'ai pas eu de nouvelles depuis l'époque où j'ai pris la mer.
Sinon, effectivement je vois que Ourasia, notre jument alezane se porte bien, ça me réconforte, moi j'ai bien du mal, me cause des soucis l'autre "mule" de Ludo Boss. J'arrive à le tracter difficilement, 'profite d'avoir mis des bidules à l'intérieur de ses naseaux et ça a le don de le rendre servile, j'ai constaté ça quand j'lui ai enfourché mes doigts dans ses narines, un coup où il m'avait alpagué par le col de la chemise haïwenne, et que j'étais suspendu, dans une mauvaise posture. M'avait lâché aussi sec, je m'étais étalé au sol mais au moins, j'avais appris un truc.


En disant cela, le chameau se rapprocha de Raul et Yves, par curiosité envers la discussion, cependant cela avait une conséquence : l'odeur entêtante du camélidé le suivait, et ça causait assez rapidement de l'affolement auprès de la jument, un réflexe inter-espèce ancré chez les chevaux. Bien que prise par le chariot accroché à ses flancs, celle-ci fit une ruade, qui effraya en retour la source malodorante, cette dernière tirant un sprint vers le désert, Yves sur les basques.. intoxiqué légèrement et inquiété par l'éloignement de son barda pour cause de calvalcade de son accolyte, il poursuivait la bête à très bonne allure.

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