HRP/ en fait j'ai repris le corps du texte sur la description des différents cadavres, et je l'ai transformé en narratif vu qu'il y avit matière à. J'ai posté la chose sur le forum général, là
Quelques égarés avait fait depuis un bon moment route commune, survivant en collaboration, face à toutes les contraintes de la zone rocailleuse parcourue et du climat assez rude. Au cours de leur randonnée pédestre, ils avaient pû croiser des individus ayant une deveine encore plus importante que la leur, ces malheureux séchant au soleil et disposant leur corps à un cycle de biodégradation. Ca n’avait pas rendu particulièrement sensible les quatres compagnons, mais avec le temps ils avaient réfléchi à la chose et à certaines mesures. Ils en étaient arrivés à accepter la charge de fossoyer dans les régions traverser, afin de rendre les coins un peu plus propres.
A l’occasion d’une halte, pendant qu’un feu sommaire prenait corps et avait la charge de griller la viande du repas, une réunion spontannée se mit en route, et le plus « émotif » de la bande endossa le rôle de conférencier.Mouais, maintenant qu’on commence à être exercé, on va faire un récapitulatif des nos savoirs, de comment on détecte le taf à faire à distance, et de la logistique envisagée selon les cas.
Tout d’abord, un macchabé, c’est avant tout un fumet très délicat qui porte assez rapidement sur des distances remarquables, à la faveur du climat. Sans cela, je m’en foutrais comme de l’an quarante de cette merde, mais comme il nous faut composer avec l’odeur, c’est la raison de la reconversion dans la profession de fossoyeur. Il n’y a qu’en nous occupant nous-même du labeur que l’on pourra parvenir à retrouver un air frais, cet air sec du désert si appréciable quand les efforts de la randonnée nous obligent à ventiler comme des veaux. Et c’est bien le moment où on ne souhaite pas que ça puire, avec la multiplication des bouffées c’est vite vu l’intoxication et le dégobillage.
Outre les effluves qui nous indiquent quand un « client » est dans la zone, il faut s’en remettre à d’autres éléments si on veut pas se planter de direction pour faire notre office. On peut alors compter sur ces crevures de charognards volants, les rapaces dont les vols convergent assez rapidement vers la cible. Et comme ils ont l’habitude de faire un tour de manège au dessus de la localisation du « client », on peut voir ça de loin, et savoir si c’est possible de se pointer sur zone. Après, y’a aussi des charmants animaux qui nous suivent depuis le début à bonne distance, ce sont des chacals, et ils sont patients car ils attendent seulement que la Nature nous rende consommable à leur niveau. Quand ils commencent à se lasser de notre compagnie, c’est sûr qu’il y a mieux à grailler plus loin et qu’ils ont senti le coup bien avant que le parfum nous parvienne. Suffit juste d’avoir la mémoire pour se souvenir de leur bifurcation.
Avec toutes ces indications, pas de risque de manquer le « client », qui ressemble précisons le à ceci, du moins tant qu’il est intact :
Yves pointe, avec un bâton au bout rougoyant extrait du feu pour l’occasion, un animal que la chasseur de la bande venait de dégommer dans la journnée au détour d’une dune, et qui n’avait pas encore été apprêté pour le repas.Mouais, une fois qu’on est au contact, donc à l’épicentre du sinistre olfactif, va falloir agir avec pas mal d’abnégation. Parce qu’il s’agit de faire un boulot de terrassier, sous de mulitples contraintes, y’a qu’à voir la canicule qu’on se paye.
Bon, on peut chercher à dénicher une cavité déjà préparée, mais avec la mafre qui nous colle aux basques, on va devoir le creuser le trou. Il suffit de faire quelque chose de taille modeste, pas la peine de respecter la dimension du « client », de toute façon on peut très bien le tasser sans risquer de plaintes, c’est déjà à ça de sol à pas attaquer de nos mimines.
Et pour que l’enfouissement soit bien utile et hygiènique, là il va nous falloir des éléments particuliers car le sable ça ne suffit pas. Vu la bidoche qu’on soustrait aux bêtes, il faut pas mal de trucs pour rendre la sépulture saine. Des cailloux, des restes de planches, du bois de palette, des carcasses d’appareils électro-ménagers, enfin des choses qui remplissent les espaces laissés libres. Et dans un souci d’hygiène, il faudrait aussi un petit plus à répandre sur le macchabé, de la chaux. On peut envisagé d’aller en chercher si besoin, dans le massif montagneux qui est pas mal calcaire. Ce serait du ressort d’Ainur et moi, pendant que les autres sont affairés au remplissage de nos outres.
En tout cas, si on fait le boulot consciencieusement, déjà a pu’ problème d’odeur entêtante, bien qu’au passage on va avoir une nouvelle fragrance tenace sur nous, mais on sera moins incommodé car on aura le tarin en plein dedans, ça deviendra relatif.
Et le labeur bien fait, c’est toujours un plus pour l’estime de soi, bien que je m’en contrefoute, on récupère doucement un meilleur karma, et peut-être que le Destin arrêtera de semer des coquilles sur notre route, quand il verra qu’on sait faire des trucs aussi st-aï-lés que :
Ce coup-ci, le désillusionné Lavie montra une espèce de mini-tumulus, fait dans la minute avec des petits cailloux et des brindilles, quelque chose qui aurait pu s’apparenter à un modèle réduit d’une sépulture, si on lui pardonnait l’accumulation des fautes de goût.Euh… dans tout ce « bonheur éclatant», il faut quand même garder des réserves. En effet, les « clients », il semblerait qu’une forme de concurrence particulière les a dans le collimateur et nous saccage le boulot, je parle de ces bêtes-à-deux-jambes qui font ripaille de la viande de leurs congénères. Une fois passer sur la dépouille, ces antropophages de malheur laisse un amoncellement qui n’a plus grand chose à avoir avec un macchabé standard :
Un coup d’œil en biais vers leur poubelle de table, l’enchevêtrement d’os et de peaux des espèces de fouette-queue qui avait la bonne idée de croiser le groupe lors de la randonnée.Le problème, et il est de taille, c’est que ces malandrins ne prennent jamais le temps de nettoyer leur plan de travail, un fois leur cuisine achevée, et donc les restes pourrissent à l’air libre vu qu’ils omettent d’y foutre une pelletée de sable pour recouvrir la chose.
Etant donné que le travail de dépeçage, il est bien plus extrême que dans le cas d’une dégradation naturelle profitant de la faune et de la flore, les tripes et toutes les viscères profitent bien du paysage, or comme les boyaux sont encore remplis, l’odeur du macchabé porte bien plus loin et est nettement plus désagréable à cause de la touche de scatole composant le « parfum ».
Avec ces infos, on peut déjà deviner l’état de la dépouille avant d’être dans le secteur. Quand le bouquet est enivrant, que les rapaces tournent avec excitation à l’horizon, vu qu’ils sont friands des viscères ainsi exposées, et que les chacals reviennent nous voir la queue entre les pattes, car ils n’ont pas trouvé les morcaux de choix sur la dépouille, c’est qu’il y a de fortes chances que le macchbé ait été boulotté. On sait au moins qu’on aura moins de boulot à effectuer, suffira de rassembler les restes épars du « chanceux », et de jeter du sable par-dessus. Un pannoncau pour la forme, manière de représenter une simili-sépulture, et puis on reprendra notre pélerinnage.
….Bof, je me questionne toujours sur ce qui pousse les bêtes-à-deux-jambes vers le cannibalisme, ils doivent pas être très frais dans leur tête au départ, parce que c’est vraiment un contre-sens complet de s’attaquer à cette viande. Faire l’effort d’un dépeçage, tout ça pour un peu de bidoche, pourtant c’est bien plus évident de s’en remettre à la faune locale, les animaux ils sont demandeurs d’un peu d’attention alors autant les satisfaire en leur montrant notre reconnaissance, en les incluant dans notre bol alimentaire.
En plus, un « chanceux », au niveau approvisionnement c’est quand même très moyen. A cause de cette foutue canicule, déjà ils sont bien entamés par la déshydratation, la majorité de la graisse elle a fondu, et les restrictions d’eau ça empêche de compter sur les viandes bouillies. Obligé de laisser de côté la joue, la langue, les pieds, la tête, enfin toutes les extrémités qui s’accomodent mal d’une cuisson directe par faute d’eau pour mijoter.
Et pour les parties qui sont grillables, il faut déjà songer à foutre en l’air toutes les viscères et les organes, les abats c’est vraiment pas à considérer comme aliment digne de ce nom. Au final il reste juste les parties charnues sur les membres postérieurs et antérieurs, et la croupe, ça vaudra jamais la compensation de se saloper les mimines dans ce labeur d’équarissage.
…Beh alors, je parle, et j’en oublie que c’est cuit, nos brochettes de l’autre machin, d’ailleurs Ainur ça serait bien que tu nous dise comment ça s’appelle ces bestioles vu que tu nous les ramène jamais en pleine forme. Ca a mis le temps, mais il fallait ça de cuisson, dans la zone j’ai eu beau chercher c’est pas bien riche en vermifuge, autant éviter les risques.
Le petit groupe put enfin assouvir son appétit, et abandonner par l’occasion les discussions techniques sur le boulot, le repas permettant de faire glisser la conversation sur des choses plus triviales, de qui qui aura la queue, de quoi que c’est fait le sable, de où qu’elle est la mer…_________________
Yves Lavie ou le respect des macchabéesLe dernier des Malakoffiots---Fossoyeur chargé de l'approvisionnement en médecines et drogues diverses... consommateur
préventif.